Sept questions courtes sur les nombres complexes.
1.Que vaut ∣1−i∣ ?
2.Que vaut le conjugué de 2+3i ?
3.Que vaut arg(−1) ?
4.Que vaut (eiπ/6)12 ?
5.Pour z∈C, que vaut zzˉ ?
6.Lequel de ces nombres est une racine cubique de l’unité, différente de 1 ?
7.Parmi les affirmations suivantes, lesquelles sont vraies pour tous z,z′∈C ?
Le cours énonce la propriété eiθ⋅eiθ′=ei(θ+θ′) sans la démontrer. C’est pourtant elle qui fonde toutes les propriétés de l’argument (additivité, formule de Moivre…). Démontrons-la à partir des formules d’addition trigonométriques cos(θ+θ′)=cosθcosθ′−sinθsinθ′ et sin(θ+θ′)=sinθcosθ′+cosθsinθ′, connues depuis le lycée.
Développer eiθ⋅eiθ′ en utilisant la définition eiθ=cosθ+isinθ.
eiθ⋅eiθ′=(cosθ+isinθ)(cosθ′+isinθ′) =cosθcosθ′+icosθsinθ′+isinθcosθ′+i2sinθsinθ′ =(cosθcosθ′−sinθsinθ′)+i(cosθsinθ′+sinθcosθ′)
Conclure à l’aide des formules d’addition trigonométriques.
D’après les formules d’addition, cosθcosθ′−sinθsinθ′=cos(θ+θ′) et cosθsinθ′+sinθcosθ′=sin(θ+θ′). En reportant dans le résultat de la question a. : eiθ⋅eiθ′=cos(θ+θ′)+isin(θ+θ′)=ei(θ+θ′)
Le cours énonce le théorème des racines n-ièmes d’un complexe a=ρeiα (avec ρ>0) sans le démontrer, en renvoyant à un exemple. Rédigeons la preuve, qui suit exactement la même méthode que celle utilisée pour les racines n-ièmes de l’unité.
Soit z=reiθ avec r>0. Traduire l’équation zn=a en une égalité sur les modules et une égalité sur les arguments.
zn=rneinθ. L’égalité zn=a=ρeiα équivaut donc à rneinθ=ρeiα, ce qui se traduit par :
En déduire r, puis les valeurs possibles de θ.
Comme r>0 et ρ>0, l’égalité rn=ρ donne r=nρ (racine n-ième réelle positive de ρ, qui existe et est unique).
L’égalité nθ≡α [2π] signifie qu’il existe k∈Z tel que nθ=α+2kπ, soit θ=nα+2kπ.
Montrer que l’on obtient exactement n solutions distinctes, ce qui achève la preuve du théorème.
Les valeurs θk=nα+2kπ pour k∈{0,1,…,n−1} donnent n complexes zk=reiθk deux à deux distincts, car leurs arguments diffèrent de moins de 2π entre eux.
Pour k′=k+n : θk′=nα+2(k+n)π=θk+2π, donc eiθk′=eiθk (même argument modulo 2π) : on retrouve le même complexe zk. Ainsi, les valeurs de k en dehors de {0,…,n−1} ne donnent aucune solution nouvelle.
L’équation zn=a admet donc exactement les n solutions zk=nρ⋅einα+2kπ pour k∈{0,…,n−1}.
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