1.Tout morphisme de groupes f:G→G′ vérifie f(eG)=eG′.
2.Si f:G→G′ est un morphisme de groupes injectif, alors Kerf={eG}.
3.La somme de deux morphismes d’anneaux f,g:A→B (définie par (f+g)(x)=f(x)+g(x)) est toujours un morphisme d’anneaux.
4.Un morphisme de groupes surjectif est automatiquement un isomorphisme.
5.Si f:G→G′ est un morphisme de groupes et H un sous-groupe de G, alors f(H) est un sous-groupe de G′.
On considère les trois applications suivantes. f:(R,+)→(R,+), f(x)=3xg:(R,+)→(R,+), g(x)=x2h:(R∗,×)→(R∗,×), h(x)=x2
Montrer que f est un morphisme de groupes, et déterminer Kerf.
Pour x,y∈R : f(x+y)=3(x+y)=3x+3y=f(x)+f(y), donc f est un morphisme de groupes. Kerf={x∈R, 3x=0}={0} : f est même injective (théorème de caractérisation de l’injectivité par le noyau), et clairement surjective (y=f(y/3)), donc f est un isomorphisme de (R,+) sur lui-même.
Montrer que g n’est pas un morphisme de groupes.
Il suffit d’un contre-exemple : g(1+1)=g(2)=4, alors que g(1)+g(1)=1+1=2=4. Donc g n’est pas un morphisme de groupes.
Montrer que h est un morphisme de groupes, déterminer Kerh et son cardinal, ainsi que Imh.
Pour x,y∈R∗ : h(xy)=(xy)2=x2y2=h(x)h(y), donc h est un morphisme de groupes. Kerh={x∈R∗, x2=1}={−1,1}, de cardinal 2 : h n’est donc pas injective. Pour l’image : tout carré d’un réel non nul est strictement positif, donc Imh⊂R+∗ ; réciproquement, pour y>0, y=h(y), donc Imh=R+∗. En particulier h n’est pas surjective sur R∗ tout entier.
On considère ln:(R+∗,×)→(R,+).
Montrer que ln est un morphisme de groupes.
Pour x,y∈R+∗, la propriété fonctionnelle du logarithme donne ln(xy)=ln(x)+ln(y) : c’est exactement la condition définissant un morphisme de (R+∗,×) vers (R,+).
Montrer que ln est un isomorphisme, et préciser sa réciproque.
ln est bijective de R+∗ sur R (fonction continue strictement croissante, de limites −∞ en 0+ et +∞ en +∞), donc c’est un isomorphisme de groupes. Sa réciproque est exp:(R,+)→(R+∗,×), qui est donc, d’après la proposition sur la réciproque d’un isomorphisme, également un isomorphisme de groupes — ce que l’on peut aussi vérifier directement, exp étant déjà connu comme morphisme.
En quel sens peut-on dire que (R+∗,×) et (R,+) « sont le même groupe » ?
L’existence d’un isomorphisme entre (R+∗,×) et (R,+) signifie que ces deux groupes, bien que portant des éléments et des lois de composition d’apparence complètement différente, ont exactement la même structure algébrique : ln transporte tout calcul multiplicatif dans R+∗ en le calcul additif correspondant dans R, et réciproquement via exp. C’est précisément ce principe qui justifie l’usage des tables de logarithmes pour transformer une multiplication en addition, historiquement bien avant l’invention des calculatrices.
5 blocs de plus : les autres énoncés et tous les corrigés, rédigés en entier. Le reste du programme est écrit de la même main, avec les figures interactives et votre progression.