1.Pour tous sous-espaces F et G d’un espace de dimension finie E, on a toujours dim(F+G)⩽dimF+dimG.
2.Si F et G sont deux sous-espaces d’un espace E de dimension finie n vérifiant dimF+dimG=n, alors F et G sont nécessairement supplémentaires dans E.
3.Si F est un sous-espace d’un espace E de dimension finie n, et dimF=n, alors F=E.
4.Dans un espace E de dimension n, une famille génératrice de n vecteurs peut ne pas être libre.
5.Un sous-espace F non nul et distinct de E possède un unique supplémentaire dans E.
On considère le sous-espace de R4 : F={(x,y,z,t)∈R4∣x+y+z+t=0 et x−y+z−t=0}
Déterminer le rang du système de deux équations définissant F, puis en déduire dimF.
Le système s’écrit Av=0 où A=(111−1111−1). Les deux lignes de A ne sont pas proportionnelles, donc rg(A)=2. L’ensemble F est le noyau de l’application linéaire associée à A (deux équations indépendantes), donc : dimF=4−rg(A)=4−2=2
Exhiber une base de F.
En ajoutant les deux équations : 2x+2z=0, soit x=−z. En les soustrayant : 2y+2t=0, soit y=−t. Les inconnues z,t sont libres, et (x,y,z,t)=z(−1,0,1,0)+t(0,−1,0,1). La famille ((−1,0,1,0), (0,−1,0,1)) engendre donc F ; elle est libre (les deux vecteurs ne sont pas colinéaires), c’est une base de F, ce qui confirme dimF=2.
Compléter cette base de F en une base de R4.
Il suffit d’adjoindre deux vecteurs de R4 non combinaisons linéaires des deux premiers. Les vecteurs e1=(1,0,0,0) et e2=(0,1,0,0) de la base canonique conviennent : la famille ((−1,0,1,0), (0,−1,0,1), e1, e2) est de cardinal 4=dimR4, et elle est libre (le déterminant du système par élimination des coordonnées z,t puis x,y ne s’annule pas — de façon équivalente, aucun des deux nouveaux vecteurs n’appartient à Vect((−1,0,1,0),(0,−1,0,1),l’autre), car e1,e2 ont une coordonnée z ou t nulle qu’aucune combinaison des deux premiers ne peut compenser sans annuler aussi les coordonnées x,y). Par le théorème de caractérisation des bases par le cardinal, c’est une base de R4 adaptée à F.
Dans R4, on pose u1=(1,1,0,0), u2=(0,1,1,0), v1=(1,0,0,1), v2=(0,0,1,1), et F=Vect(u1,u2), G=Vect(v1,v2).
Vérifier que (u1,u2) est libre, et que (v1,v2) est libre. En déduire dimF et dimG.
u1 et u2 ne sont pas colinéaires (leurs coordonnées ne sont proportionnelles pour aucun facteur), donc (u1,u2) est libre ; de même pour (v1,v2). Ainsi dimF=dimG=2.
Montrer que −u1+u2∈F∩G, et calculer dim(F∩G).
On a −u1+u2=(−1,−1,0,0)+(0,1,1,0)=(−1,0,1,0). D’autre part −v1+v2=(−1,0,0,−1)+(0,0,1,1)=(−1,0,1,0). Les deux expressions coïncident, donc (−1,0,1,0)∈F∩G : c’est un vecteur non nul, donc dim(F∩G)⩾1. Montrons que F∩G n’est pas plus grand : un calcul direct (résolution du système au1+bu2=cv1+dv2) montre que toutes les solutions sont de la forme (a,b,c,d)=(−d,d,−d,d), donc F∩G est engendré par ce seul vecteur, et dim(F∩G)=1.
En déduire dim(F+G) par la formule de Grassmann, puis vérifier directement en calculant le rang de la famille (u1,u2,v1,v2).
Par la formule de Grassmann : dim(F+G)=dimF+dimG−dim(F∩G)=2+2−1=3. Vérification directe : le rang de la famille (u1,u2,v1,v2) dans R4 vaut 3 (un calcul par élimination montre que ces quatre vecteurs vérifient exactement une relation de dépendance, celle trouvée à la question précédente, et aucune autre indépendante), ce qui confirme dim(F+G)=3. Notamment F+G=R4 : ces deux plans n’engendrent pas tout l’espace.
5 blocs de plus : les autres énoncés et tous les corrigés, rédigés en entier. Le reste du programme est écrit de la même main, avec les figures interactives et votre progression.